30.08.2008
Aurélien, 10 ans
Y'a des gens que j'admire énormément, et que je respecte encore plus.
Que je sais que quoiqu'ils me fassent, je n'oserais même pas imaginer leur en vouloir.
Tu vois, dans la boîte où je me suis amusée j'ai bossé, y'avait une dame, qui fait partie de ces gens là.
Y'a 5 ou 6 ans, je ne sais plus exactement, j'ai donné des cours de catéchisme à des gamins de CM2.
Ouais, on en apprend des choses sur les gens dans les blogs, hein ?
Qui eût cru que je pusse donner des cours de caté ?
Et tu vois, un peu avant les premières communions de mes petits, vers le mois de mars/avril je pense, y'a un môme d'un autre groupe de cathé qui est mort.
Renversé par une voiture juste devant chez lui.
Tous les enfants du caté sont allés à l'enterrement, les parents du garçon étaient totalement effondrés, et ils n'ont pas tardé à vendre leur maison et à déménager quelques kilomètres plus loin.
Ce que je comprends tout à fait.
Leur ancienne maison, là où le petit s'est fait renverser, est juste devant l'entrée principale de la boîte dans laquelle j'ai bossé ce mois-ci.
Tu auras certainement compris que la dame dont je parlais plus haut est la mère du petit garçon.
Et j'ai ces sentiments envers elle parce que chaque jour depuis l'accident, elle passe devant l'endroit où son petit garçon est mort 4 fois par jour.
Qu'elle a la force nécessaire pour y passer, alors qu'il y a une deuxième entrée, de l'autre côté de la boîte, qui ne passe pas par cet endroit.
Parce qu'à chaque fois que je l'ai vue, elle était enjouée, chaleureuse, de bonne humeur et extrêmement aimable et affable.
Parce qu'elle a su se relever après cette terrible épreuve.
Et parce que moi, à sa place, je ne suis pas sûre que j'aurais eu ce cran et ce courage ...
09:16 Publié dans Soyons sérieux ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pas de tags pour cette note
28.08.2008
Le collègue, 2
La dernière fois, je t'ai dit que le collègue était amoureux d'un z'homme.
Ben figure toi que le collègue cachottier avait oublié de mentionner l'existence de son enfant.
Oui oui, il en a un, de 3 ans et demi.
Bon, ça ne s'est pas bien passé avec la maman pendant la grossesse ni même après, tout ça tout ça, on ne va pas s'apesantir là dessus, mais sache que le collègue m'a encore bien fait rire.
A l'échographie, ils z'ont dit "Ouaaaaaah vous allez avoir un ptit garçon, c'est fantastique, c'est merveilleux !"
Alors le collègue, ben il était tout content.
Surtout qu'il avait dit plusieurs fois qu'il était absolument HORS DE QUESTION qu'il ait une fille.
Oui, le collègue est vilain, tu peux le dire.
Bref, comme ça se passait mal avec la maman et ex-copine, il n'a pas eu de nouvelles durant la grossesse.
Quand le bébé est né, il est allé à la mairie pour reconnaître l'enfant.
Je te donne le dialogue tel qu'il me l'a raconté :
"Bonjour, je viens pour reconnaître mon fils."
"Oui, il est né quand ?"
"Hier soir."
"Ah, ce n'est pas possible monsieur, nous n'avons pas eu de garçons depuis 3 semaines."
"Ah bon ? Vous êtes sûr ?"
"C'est quoi le nom de la mère ? Je vais vérifier."
"Madame Machin Chose."
"Ah oui effectivement, elle a accouché hier soir. Eléanor."
Et là, quand je raconte cette histoire, c'est le moment où je ne peux retenir mon éclat de rire, passque le collègue il a continué le dialogue avec le préposé aux naissances.
"Ah. Ben dis donc, Eléanor, c'est un drôle de prénom pour un ptit garçon."
"C'est normal monsieur, c'est une petite fille."
Par la suite, il m'a dit ne jamais avoir eu autant honte que ce jour-là.
Et moi, j'me souviens pas avoir autant ri en une journée de boulot ...
Je sais plus ce qu'il m'a raconté par la suite, sur cette histoire, je sais juste que son père lui a dit que c'était vraiment méchant ce qu'il avait dit.
Ca devait être un truc en rapport avec le fait qu'il ne voulait pas du tout de petite fille, puisqu'après, il m'a dit "N'empêche qu'aujourd'hui, je ferais rien si elle n'existait pas ..."
A part ça, je dois l'appeler "Maître", mais pas "Maître vénéré", passque quand même, faut pas raconter n'importe quoi.
Et puis euuuuuh ...
Ah oui.
"Tu sais à qui tu me fais penser ?"
"Nan."
"A Mariah Carey."
"..."
"Pas pour la voix hein ?"
"Ah bon ? Pour quoi alors ? Les caprices ?"
"Nan. Pour la poitrine ..."
Il était enrhubé. Alors il se mouchait.
Et y'a eu LA phrase. Celle qui te plonge dans un état tel que tu ne peux rien faire pendant 10 minutes, et à laquelle tu penses dès que quelqu'un se mouche pendant au moins 3 semaines.
"C'est un feu d'artifice dans mon nez. Du vert, du blanc, du jaune, un peu de rouge aussi, c'est magnifique."
(Tu noteras que le collège a des expressions déroutantes parfois.)
Là, tout d'suite, je trouve rien d'autre à dire sur le collègue.
Je crois savoir que j'ai noté ses ptites phrases sur une feuille, mais la feuille est à l'étage, et j'ai la flemme de la chercher.
Ben ouais, j'ai acheté un nouveau bureau, je l'ai monté toute seule, faut encore que je permutte l'ancien et le nouveau, donc toutes mes affaires sont en bordel total.
Oui, comme d'habitude, je le sais, pas besoin de le souligner ...
Si je retrouve autre chose, je te tiens au courant, OK ?
21:01 Publié dans Sociologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : je veux me taper mon collègue, ma collègue est une chaudasse, j'aime mon job
27.08.2008
Steph'
Stéphane.
Plus de deux ans qu'on ne s'est pas vus, et pourtant tout est comme avant.
Stéphane, c'est un mec qui fait partie de ceux (très rares) qui me font sourire.
Pourquoi ?
Pour rien, justement.
Il me fait sourire quand je le regarde, quand il me regarde, quand il me dit une connerie, quand je lui en dis une, et quand il s'amuse à faire la course avec sa moto à côté de ma voiture.
Et tu vois, ce qui est bien, c'est que tout ça le fait sourire également.
On bosse ensemble cette semaine, et dès qu'il s'approche de mon côté, j'vois son sourire.
Et ça me fait sourire.
Y'a longtemps que j'avais pas écrit une note aussi nunuche, aussi conne et aussi inutile.
Mais tu sais quoi ?
Ouais, t'as deviné : ça me fait sourire ...
17:48 Publié dans Ces petits trucs dont tout le monde se fout ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : copainsdavant, je souris tout le temps c'est grave ?, je t'emmerde
24.08.2008
Le collègue de boulot
Le collègue de travail est fourbe, lecteur, lecteuse.
Il faut que tu saches cela avant toute chose.
Te souviens-tu de ma dernière note, où je disais que mon collègue tout gentil tout plein s'inquiétait pour la beauté de mes petites mains ?
Ben oublie là.
Passqu'au cours de la semaine, il m'a dit que voir mes tresses comme ça devant lui, ça lui donnait envie de les couper, chlac !
Et tu vois, à un moment donné, j'lui ai dit "Ouah, tu te rends compte, j'me suis pas encore tapé sur les doigts avec le marteau !"
(Oui, aprfois je joue à la fille écervelée qui ne sait pas tenir un marteau. Je sais, c'est le mal.)
Figure toi qu'il m'a répondu.
Mais pas un truc gentil comme la dernière fois, non non.
Il a juste dit "C'est bien dommage ..."
Tu vois comme le collègue peut être vilain ?
Bon, faut avouer aussi que le collègue de boulot, tout vilain et gentil qu'il peut être, ben il peut aussi être drôle.
Pas forcément de son plein gré, et c'est ça le plus drôle.
Tu vois, par exemple, y'a quelques temps de cela, le collègue a perdu son permis.
Ce sont des choses qui arrivent, tu m'diras, et je te dirais que tu as tout à fait raison.
Oui MAIS.
Faut voir dans quelles conditions le collègue a perdu ses derniers points.
Il a vu un flash sur la route.
Oui, tout comme moi, tu comprends instantanément que le collègue s'est fait prendre en photo, et pas par le lutin du Papa Noël.
Mais le collègue ne comprend pas forcément aussi vite ni aussi bien que toi et moi, lecteur, lecteuse.
Alors le collègue fait demi-tour au rond point suivant, et revient sur ses pas.
Il repasse doucement devant l'endroit incriminé, sans rien remarquer de suspect.
A ce moment là, il accélère et s'en va ?
Que nenni lecteur, lecteuse, tu sais bien que je ne fréquente QUE des gens qui en valent le coup, et qui font des trucs pires que moi, histoire de me rassurer sur mon état.
Le collègue a donc refait une deuxième fois demi-tour au rond point, et est repassé une troisième fois devant l'endroit radarisé.
Sauf que.
Il est repassé plus vite que la première fois.
Et donc y'a eu deuxième flash, et 1 lettre plus tard, il avait plus de permis.
Si j'te dis que j'te raconte la suite demain, t'es d'accord ?
Passqu'en plus, y'a encore pas mal de trucs à raconter ....
20.08.2008
Parlons peu, parlons bien
Aujourd'hui, on va faire dans le court.
Ca change hein ?
Mon collègue est amoureux d'un autre homme, qui l'aime en retour.
Tout va bien quoi.
Et le collègue en question a engueulé son n'amoureux passqu'il voulait me faire faire plein de trucs sans marteau.
"Attends S., donnes lui quand même un marteau, elle va s'abîmer les mains à fond là ..."
Quelqu'un peut me dire pourquoi les mecs qui font le plus attention à moi, à mes mains et à tout le reste sont z'homosexuels ?
Y'a quelques années, avoir un meilleur ami homosexuel était "tendance". J'ai jamais suivi la tendance : le frère de ma meilleure amie, mon grand frère par procuration, est homosexuel. Un de mes meilleurs potes l'est également, et je l'ai connu avant cette grande "tendance".
En attendant, comme j'ai un marteau, j'me suis tapée sur le doigt : ce qui explique la longueur relative de cette note.
Pardonne ma maladresse, lecteur, lecteuse.
P.S : J'ai grandi à la campagne, ma grand-mère a une ferme et tous les animaux qui vont avec, mon papa chasse et pêche, il voulait avoir un garçon, bref, j'ai été élevée quasiment comme un mec. Tournevis, peinture, cutter, perceuse, vis, écrou, scie manuelle, + tous les trucs de jardinage. Alors ne crois pas le mensonge éhonté que j'ai dit plus haut.
Si j'écris pas, c'est juste que j'suis toute seule chez moi en ce moment, que je me balade beaucoup, et que je bosse aussi, un ptit peu.
Et que j'ai pas envie d'écrire.
Bientot, j'vous raconterai les ptites phrases de mon collègue.
Je t'aime lecteur. (Lecteuse aussi)
22:54 Publié dans Moi, moi, moi, tribu d'Indiens au Canada | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mon collègue veut me tuer, le marteau ça fait mal, fifi brindacier
18.08.2008
Comment gâcher des vacances
Comment gâcher des vacances ?
Ceci est une question que tu te poses depuis toujours, ne mens pas, je le sais.
Mais ne te casses plus la tête, tu sais bien qu'ici, je fais tout pour te faciliter la vie.
Je suis donc en mesure de te dire que je connais la réponse à cette question.
Outre les traditionnelles causes de gâchage de vacances, telles la pluie, le vent, les tornades, les J.O, le froid, la neige (en plein mois d'août, cela va sans dire) et la sortie de l'album de Carla S., il existe une autre cause dont je t'ai très vaguement parlé dans ma note de retour de "vacances" normandes.
L'appel de D.
Je peux t'assurer que cela est très très très efficace.
Figure toi que D. m'a appelé un mercredi après midi, alors que j'étais seule dans les rues rouennaises avec Fab'.
Bon, Fab' venait de se faire choper par la marque de gâteaux qui a deux lettres, un N et un B.
Il a dû aller goûter des gâteaux et donner son avis tout ça.
Moi j'l'attendais dans le couloir, en train de bouquiner un magazine sur le cinéma vieux de 3 ans (le magazine hein ?).
Autant dire que j'm'éclatais quoi.
Puis, le téléphone sonne.
Alléluia, j'ai des z'amis me dis-je.
Oui, j'ai des z'amis, mais des z'amis qui me gâchent mes vacances.
Passque figure toi que le petit D attend sa maman à la caisse centrale du magasin m'a annoncé que ce connard de J. se retirait de notre projet de coloc'.
Alors oui, c'est une bonne nouvelle pour moi, puisque lui et moi on ne se parlait pas tout ça, mais laisse moi te dire tout de suite que c'est une mauvaise nouvelle pour TOI lecteur fidèle, lecteuse assidue.
Passque là, tu te rends compte que pour te raconter toute la coloc dans les moindres détails, et les moindres catastrophes et coups de gueule tout ça, ben faut compter uniquement sur C.
Passque D., il est pas chiant, pas chieur ni emmerdeur pour deux sous.
Sauf sur ce coup là. Mais il s'est excusé après, il ne savait pas que j'étais en vacances.
Donc, si nous résumons, nous avions trouvé un appart' qui nous convenait, nous avions donné un accord de principe, nous devions rappeler la madame pour lui dire ce que nous décidions définitivement, et l'autre con nous lâche à ce moment là.
Ca fait 5 mois qu'on parle de ça, qu'on attend que monsieur J. se décide à venir en cours / nous donner une réponse / se bouge le cul (barrez la mention inutile) et il nous lâche dans la dernière ligne droite.
Donc les recherches reprennent, mais pour un appart' pour 3 personnes, au lieu de 4.
On a un mois, pas plus.
Y'a pas, j'adore vraiment J.
17.08.2008
Taguée
J'ai été taguée par Mademoiselle Eli', y'a quelques jours de ça.
Mais j'avais pas vu.
Je viens donc m'exécuter, et vous apprendre deux trois ptits trucs.
Les règles:
1) Il faut obligatoirement un blog pour participer
2) Les trois premières personnes à laisser un commentaire sur cette note recevront un cadeau fait maison de ma part dans les 365 jours (autant dire qu'il vaut mieux vous abstenir de commentaires dans cet article, NDLB)
3) Elles s'engagent en retour à faire de même sur leur blog.
Il y a 10 ans...
J'avais 10 ans. Je me mettais volontiers à l'écart des autres, passque je suis supérieure à eux.
Nan, en vrai, c'était passque j'adorais lire, tout le temps, et que je me sentais pas en phase avec leurs préoccupations et leurs jeux.
Je faisais de la musique depuis 2 ans, j'ai dû faire mes premiers concerts significatifs à cette époque, mais je ne m'en souviens pas.
J'ai passé l'été 98 à La Bourboule, pour faire une cure thermale, asthme grave oblige. Ce devait être ma deuxième ou troisième, je ne sais plus.
J'y suis allée pendant 4 ans. Et j'aimais bien cette région. Les soins étaient fatiguants, mais ils ont fait leur effet. C'est le principal.
A 10 ans, je rentrais en CM2 je crois. Si c'est bien ça, j'avais commencé l'allemand depuis 1 an. J'écrivais des poèmes aussi, à cette époque là.
Je voulais devenir écrivain.
Je suis très mauvaise au jeu des souvenirs, parce que j'en ai très peu.
Enfin, j'en ai, mais pas forcément reliés à des époques et des âges précis.
J'en ai énormément de ces dernières années, beaucoup plus marquantes qu'avant.
Cinq endroits où j'ai vécu...
- Amiens
- Belloy
- Friville-Escarbotin
- Luxembourg ville
- Ochancourt
Cinq plats que j'adore...
- La purée de ma mamie
- Les oeufs cocottes
- Les crêpes de mon cousin breton
- Les barbecues estivals entre potes
-Les gougères au fromage de ma mamie
Cinq choses que j'ai faites aujourd'hui...
- Changer la musique de mon iPod
- Effleurer le désir de ranger ma chambre (on a dit "effleurer" hein ???)
- Appeler D., pour savoir comment se passait son festival belge
- Haïr D., passqu'il a dit que le concert des Foals avait été le concert de sa vie, et qu'il allait voir MGMT le lendemain.
- Essayer de me réinscrire à la fac (chose que je n'ai pas réussi à faire, passque 1) le site Internet de la fac ne marche pas et 2) j'ai plus de mot de passe pour accéder à mes dossiers d'inscription qui se trouvent sur le site - ça veut ptet dire qu'il faut que j'arrête les études ??? - )
Ce que je ferais si j'étais riche...
Je voyagerais un peu partout, pour découvrir des tas de choses différentes.
J'achèterais une maison toute simple par chez moi, passque c'est là qu'il y a mes racines, ma famille, et quasiment toute ma vie, et passque j'me vois pas habiter définitivement loin d'ici.
J'achèterais ptet aussi un autre logement ailleurs, pour des raisons de praticité.
Je crois que j'aurais une CDthèque à faire pâlir d'envie un tas de personnes.
J'épargnerais, et je ferais des dons à quelques assoc' bien choisies.
Je m'arrangerais aussi pour assurer l'avenir de mon ptit bonhomme adoré, mon filleul.
Après, j'ai pas bien compris si c'est moi que je dois désigner 3 personnes pour le faire, ou si c'est les trois premiers commentateurs qui doivent reprendre le tag.
Dans le doute, je dirais que ce sont les trois premiers commentateurs, et aussi ceux qu'ils veulent.
(Autant dire que Will, j'aimerais bien voir ce que t'as à répondre à ces questions ... - Message subliminal off - )
07:45 Publié dans Soyons sérieux ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : je suis taguée, comment effacer des tags, légalité des tags en banlieue
16.08.2008
Je, tu, il, nous, vous, ils ...
Tu as dû t'en rendre compte, lecteur, lecteuse.
J'ai une fâcheuse tendance à dire "Tu" à tout le monde.
Encore une fois, c'est pas ma fauteuuuuh et quand je donne ma langue au chat ... .
C'est la faute à pas d'chance Voltaire la musique.
L'habitude, tu sais ce que c'est ...
Oui oui, tu as raison, l'habitude, c'est le mââââââââl (e ?) !
Toujours est-il qu'il y a quelques jours de ça, ma mère, qui, rappelons-le, est conseillère municipale dans notre petite bourgade campagnarde, m'a dit que ça la choquait quand elle m'entendait tutoyer le maire, les adjoints, les conseillers et leurs femmes.
Sans oublier beau-papa.
Tu te souviens de beau-papa ?
C'est l'ancien maire, qui a essayé de me caser avec son fils y'a quelques mois de ça.
Bref, beau-papa, je le tutoie.
Et je le charrie, et je me moque de lui, et tout ça.
Beau-papa est retraité de l'Education Nationale, il doit donc avoir la soixantaine.
Il est très drôle, et tout, et donc je le tutoie passqu'il me tutoie et passqu'on s'amuse bien ensemble.
Et je tutoie les gens passque j'préfère.
Quand j'les vouvoie, y'a une espèce de rapport de supériorité et d'infériorité, et j'aime pas.
Et y'a aussi en demi-teinte un sentiment de distance que tu prends par rapport à l'autre, et j'aime pas non plus.
Et puis en général, les gens demandent à être tutoyés.
Bah ouais, faut dire aussi que j'suis jeune, pleine de vie et d'idées, extrêmement belle et intelligente, célibataire, libre dans ma tête et dans mon corps, bref j'ai tout pour moi.
Alors si ma ptite personne commence à péter plus haut que son cul et vouvoie tout l'monde, j'm'en sortirai pas.
Et puis faut dire aussi que c'est presque ma technique pour me faire amie avec les gens.
Quand tu les as tutoyés une fois, après ce sont tes potes.
Et puis par ici, les gens sont pas bégueules.
Donc forcément, ça aide ...
Tout ça pour te dire, ô toi mon lecteur, ma lecteuse, que si tu préfères installer cette relation de supériorité-infériorité entre nous, y'a pas de problème.
Je peux te vouvoyer.
(Bientôt sur vos écrans de PC, je vous dirais quels films je vais voir au ciné et pourquoi.
Je vous raconterais aussi l'appel de D. pendant mes vacances normandes, et comment cet appel a gâché mes vacances.
Et j'te parlerais encore de Beau-Papa, donc garde le en mémoire. Surtout que son fils a brisé mon coeur d'artichaut.
A bientôt !!)
09.08.2008
Rouen
Comme je te l'avais dit, j'étais partie à Rouen, chez Y., un pote.
Ou plutôt, un ami d'une amie, qui est devenu mon ami grâce à cette amie.
Ultra-simple non ?
Toujours est-il qu'il m'avait vendu cette semaine de "vacances" chez lui avec tout plein d'arguments.
"On ira sur les plages du débarquement, et puis dans les jardins de Giverny, et puis on va faire du barbecue non-stop pendant une semaine, et puis y'a Fab qui viendra nous rejoindre, et puis y'a des amis à moi qui nous rejoindront aussi, et puis y'a plein d'alcool à la maison, et avec le barbeuk c'est trop bien quoi. En plus, en Normandie, c'est comme en Picardie, y fait TOUJOURS beau !"
Et donc, tout ça, ça m'a convaincue.
Mais j'dois avouer que mon pote est fin prêt pour se lancer en politique.
Parce que de plages du débarquement, il n'y a point eu.
Parce que de jardins de Giverny, il n'y a point eu.¨
Parce que de barbec non stop pendant une semaine, il n'y a point eu.
OK, Fab est venu nous rejoindre, pendant 2 jours.
OK, ses potes nous ont rejoints, hier soir. J'suis partie ce midi.
OK, on a bien profité de l'alcool.
Et OUI, il a fait très beau en Normandie.
Avec un peu de pluie mercredi soir, mais si je me souviens bien, on a quand même fait du feu pour le barbeuk.
Passque oui, on a quand même eu droit au barbeuk.
Pendant 3 soirs de suite.
Et on a fait des parties interminables de tarot, qui m'ont ramenée 4 ans en arrière, quand tout allait bien dans ma vie de musicienne, que je m'investissais encore énormément et que ma liaison avec le mari d'une de mes directrices d'orchestre et prof de musique n'avait pas été découverte.
A cette époque, le tarot, c'est tout ce qui nous occupait le soir, dans notre chambre, après les longues journées de répét' et de cours de jazz, d'orchestre, etc. Tout ce qui nous occupait entre deux répé', après le repas du midi, après l'alcool du soir.
Bref.
Nous avons donc fait d'interminables parties de tarot, à côté du barbeuk dans lequel on faisait du feu passque la tite demoizelle de la maison avait froid.
Faut dire qu'en Normandie, à 23:00, il fait pas très chaud.
On a fait de longues balades dans la forêt qui est juste derrière le jardin de Y., passqu'en plus, la forêt c'était l'endroit idéal pour que les mecs puissent fumer leurs cigarettes magiques.
On a fait des courses plusieurs fois, avec une bonne soirée riche en alcool, celle de mardi soir.
On est allés dans le Calvados hier, et on a acheté de l'alcool. Qu'on s'est enfilé le soir, en jouant au tarot.
Bon, j'te rassure, on a pas tous bu, on est bien élevés tout d'même.
J'ai pas dit à ma maman que je partais vivre une semaine chez un mec de presque 29 ans que je connaissais à peine, ni qu'un autre mec de 27 ans nous rejoindrait dans le courant de la semaine.
J'ai pas précisé non plus que la fin de semaine allait voir apparaître un autre mec de 35 ans, et une femme de 36 ans.
Passque ma môman, elle aurait jamais voulu que j'y aille.
Et j'ai aimé cette semaine totalement irréelle, pleine d'imprévus, de fous rires, de clins d'oeil et de regards complices.
Pleine de protection aussi.
Passque Y. s'est mis à me "protéger", quand Fab' voulait m'attacher à un arbre en forêt et m'y abandonner.
Me protéger aussi quand son pote de boulot, L. (celui de 35 ans) est arrivé vendredi soir, et qu'il faisait rien que m'embêter.
Et que ça faisait longtemps que j'avais laissé personne me protéger.
Il m'a invité au restau aussi, quasiment tous les midis.
Passqu'il avait la flemme de cuisiner, et que moi j'suis une quiche en cuisine.
Toute façon, c'est simple, les seuls trucs qu'on a cuisiné nous même en une semaine, c'est steak-coquillettes lundi soir, steak-frites au four jeudi midi, steak-coquillettes-sauce tomate liquide vendredi soir.
Et vendredi soir, c'est passque le collègue de Y. était arrivé de l'Isère avec sa chérie, et qu'un autre pote était là, et qu'ils étaient pas motivés pour un barbeuk.
Et que dans le frigo/congél, on avait juste des steak et de quoi faire un immense barbeuk.
Ouais, à part les pâtes-steak, on a juste fait des barbeuk, et des restau'.
On a regardé "Into The Wild", Bob l'Eponge, "La classe Américaine", "le Guide du voyageur interplanétaire" ou un truc du genre, des trucs débiles sur le câble, et j'suis restée pendant des heures assise entre Y. et Fab' à les regarder jouer à la Wii, et les écouter me dire que je sentais "la fraise chimique des bois".
Et à les regarder me renifler aussi, pour me redire encore que je sentais trop la fraise chimique des bois.
Bon, à la base, mon déo est à la Grenade, mais les mecs vous savez ... Faut pas trop leur en demander, surtout quand ils jouent à la Wii.
On a regardé le foot, JO oblige, et Y. nous a sorti une phrase d'anthologie, quand la Côte d'Ivoire a raté un but :
"En même temps, c'est pas facile de marquer quand on ivoirien !"
A part ça, il m'a aussi dit : "Tu pourrais être très belle si t'étais pas chiante."
Ne nous plaignions pas, il m'a quand même rassuré sur la beauté de mes yeux.
Et il m'a fait découvrir le monde de James Bond.
Je me suis même surprise à trouver le nouvel interprète de 007 super sexy, alors que quand je l'ai vu la première fois, j'le trouvais immonde.
Mais dans le film, c'est pas pareil ...
Cette semaine m'a fait énormément de bien.
Même si D. m'a appelé en catastrophe mercredi après midi, mais ça, j'te le raconterais plus tard, passque c'est dans une autre catégorie ...
07.08.2008
Règles d'or du musicien, fin
Article n°15
Evite de croiser trop souvent le trésorier, qui va systématiquement te rappeler que tu ne lui as pas fait parvenir ton chèque d'inscription pour le banquet de la Sainte-Cécile.
Encore une fois, ça n'arrive pas chez nous.
Parce que nous avons la chance d'avoir une trésorerie hyper stable et solide, et le repas de la Sainte Cécile est offert à tous les musiciens.
Article n°16
Sois toujours sympa avec le sous chef, c'est lui qui subit la mauvaise humeur du chef après la répétition.
Nico n'est JAMAIS de mauvaise humeur.
Article n°17
Pars le plus discrètement possible dès la fin de la répétition, tu éviteras ainsi de devoir ranger la salle de répétition.
De toute façon, tu sais pouvoir compter sur les percussionnistes pour cela. En matière de déménagement, ce sont des spécialistes.
On ne range rien à la fin de la répé', on a la chance d'avoir une salle rien qu'à nous.
Par contre, faut tout déménager pour les concerts. Et là, c'est vrai que je me casse assez vite en général.
Après tout, moi mon instrument, je le porte toute seule. Non mais.
Z'avaient qu'à choisir la clarinette, ou la flûte.
(Bon, en vrai, j'aide à préparer les salles des "grands" concerts, et à tout ranger à la fin. Mais seulement pour les "grands concerts".)
Article n°18
Si tu es trompettiste et que tu regrettes de ne pas pouvoir apercevoir les jolies jambes des flûtistes en minijupes parce que tu es au fond de l'orchestre, une seule solution : passe l'examen de chef !!!
Euuuh ... Nico est tromboniste, donc au fond de l'orchestre.
Il est devenu chef, et a fini par épouser une saxophoniste, qui se trouve au premier rang, avec les flûtes.
Tu en tires les conclusions que tu veux ...
Article n°19
Fais un sourire lorsque tu aperçois le président, c'est un personnage important de l'orchestre, même si tu ne le vois qu'une fois par an, au moment de son discours devant monsieur le maire.
Nous, notre président est toujours là.
Avant presque chaque répé, il vient dire bonjour.
A chaque concert et chaque manifestation, il est présent. Il est hyper coooooooool.
Article n°20
Enfin, aux concerts, arrange toi pour avoir une petite différence vestimentaire afin que l'on te distingue mieux sur les photos.
La fille pas coiffée avec des perles dans les cheveux, et des débuts de dread, c'est moi.
La fille en tongs, c'est moi.
La fille en jean troué, c'est moi.
La fille avec la tête recouverte de minuscules tresses qui virevoltent partout, c'est encore moi.
C'est tout pour cette chronique musicale, j'espère que ça vous a plu ...
Il est écrit au bas de la feuille : "bien sûr, tout cela est à prendre avec humour, et n'est en aucun cas à appliquer !!!"
Malheureusement, la plupart de ces choses sont tirées de choses vues, entendues et surtout vécues.
Il est donc trop tard pour réparer les torts ... Et tu sais quoi ?
On s'en fiche, parce que la vie est tout de même merveilleuse à la musique !
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