11.03.2009
Je me veau-tre !
Comme je te le disais hier, il faut que je te raconte mes deux dimanches à la campagne.
Ce fut deux dimanches très drôles, je t'assure, et dignes de ma vie dans mon manoir campagnard.
Le premier dimanche, c'était il y a 10 jours.
Si tu veux tout savoir de ma vie, les dimanches à la campagne, c'est drôlement pas amusant.
Passque nous, tous les dimanches midis, on va déjeuner chez ma grand-mère.
Et après, on va voir mon autre grand-mère.
Voilà comment se passe le dimanche après midi ...
Et si tu veux, mes grands mères, elles habitent dans un village de campagne pire que le mien...
Déjà, leur maire, c'est un fermier.
Donc imagine ...
Et le fermier, il a une grande étable à vaches entre les maisons de mes grands mères.
Et donc, pour en revenir à ce que j'te disais au tout début, ben y'a 10 jours, ben c'était TROP la fête chez Grand-Mère noumbere tou.
(Et en plus, c'était la fête des Grands-Mères ! Mouhahahahaha)
On parlait, et d'un seul coup elle crie : "Oh y'a un veau qui s'est échappé !"
Mon père, enfant de ferme (j't'apprends ici que mes grands parents paternels, dont subsiste Grand-Mère noumbere ouane, étaient fermiers), part pour retenir le veau, en attendant que nous, les femmes, ben on appelle le maire-cultivateur pour qu'il vienne récupérer son veau échappé.
Sauf que.
Tu sais bien que dès que je suis dans le coup, y'a forcément un truc qui foire.
Donc ce jour-là, ben c'était le cultivateur qu'on arrivait pas à joindre.
Ni lui, ni sa femme, ni ses deux fils, ni tous les gens qui pouvaient avoir leur numéro de portable en leur possession.
Au bout de 25 bonnes minutes, on a quand même réussi à trouver quelqu'un qui avait les numéros de portable.
Et donc, le maire-cultivateur est venu.
Mais pour pouvoir faire rentrer le veau dans son coin réservé aux veaux, ben il a fallu qu'on fasse "la course au veau".
Oui, j'te vois venir : tu es sur le point de t'exclamer : "Mon Dieu, mais la vie à la campagne est PASSIONAAAAAAANTE !".
Chuis même sûre que t'es jaloux/se.
Enfin bref.
On était tous les 6 (mes parents, ma soeur, le maire-cultivateur, sa femme et moi) en demi-cercle, pour pouvoir faire peur au veau quand il voudrait s'enfuir.
Cette technique infaillible est censée le pousser à rentrer dans son coin-réservé-aux-veaux.
Oui mais c'est pas simple.
Chais pas si t'as déjà vu un veau courir (ni même si t'as déjà vu un veau tout court), mais ça galope ces bêtes là.
Et quand il se dirige vers toi, t'es pas peu fière.
Passque déjà, t'as eu la bonne idée de jouer à la citadine, et de ranger tes Converses toutes pourrites toutes trouées toutes destroy afin de sortir tes jolies ballerines flambant neuves, jamais portées, et tout ça.
Et chais pas si tu visualises un peu l'entrée des étables et des bâtiments de ferme, mais c'est un peu dégueulasse.
Y'a d'la paille partout, de la gadoue, du fumier.
Alors bon, pour flinguer des chaussures neuves, y'a pas mieux.
Mais quand en plus y'a un veau qui court vers toi, tu te demandes ce qui est le pire : t'écarter de son chemin et atterrir dans le fumier là, à côté de toi et pourrir tes si jolies chaussures, ou alors te faire renverser par un veau.
Et j'peux te dire que tu bénis le moment où le veau bifurque vers ton père, tout comme le plan du maire-cultivateur l'avait prévu ...
C'est drôlement con un veau.
Et drôlement prévisible aussi ...
P.S : Comme y'a des gens qui se plaignent de la longueur de mes notes, t'auras remarqué que j'ai adopté le "Lire la suite" ...
P.S 2 : Si en plus je te dis que le village de mes grands-mères commence par "Vau......", tu rigoleras encore plusse ou pas ? (j'te jure, c'est vrai.)




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