21.10.2009

Casper

Je sais pas si tu te rappelles, l'an dernier, dans l'euphorie de mon semestre Erasmus (si j'avais su ce qui m'attendait, mon dieu je ne me serais pas autant réjouie !) je m'étais rendue à la Sécu pour refaire ma CEAM.


Et du coup, je m'étais aperçue que je ne devais pas figurer dans les listings de la Sécu, puisqu'ils ne me prévenaient jamais de rien.



Chuis gentille, j'te file
un ptit lien pour que tu te remémores ce formidable article.




Figures toi qu'il y a quelques mois, j'ai repris espoir.


Je me sentais exister aux yeux de l'Administration et de l'Etat.






Oui, j'ai reçu mon premier courrier de la part des Impôts.




Ca veut quand même dire que j'existe non ?





Et puis quelques semaines plus tard, je sortais de répétition.



Un vendredi soir donc, entre 22:30 et 23:15 (les horaires réguliers, on connaît pas à la musique).




Comme presque tous les vendredis soirs, je raccompagnais un jeune chez lui.



Un jeune avec qui je fais de la musique depuis presque le tout début, depuis une dizaine d'années.



Un jeune qui a osé m'embrasser un soir d'octobre où j'avais bien bu, y'a 2 ou 3 ans de ça.



Oui, j'ai honte mais le fait est là : j'ai été embrassée par un mineur.




Bon, si y'avait que ça, ça irait encore.



Le problème, depuis ce temps là, c'est qu'à chaque fois que je le raccompagne, il on il en profite pour m'embrasser.



T-l'ex avait très moyennement apprécié cet « écart », et s'était vengé par la suite, rappelle toi comment il m'avait brisé mon ptit coeur insensible.



Bref.


Ce soir-là, je le raccompagne donc une énième fois après une énième répét.



J'ai eu à peine le temps de faire 200 mètres que je me faisais arrêter par les gendarmes.




Contrôle de papiers.




Oui, bien sûr.




Sauf que voilà, tu commences à me connaître lecteur, lecteuse, j'suis un peu … Je sais pas. A toi de trouver un adjectif qui me corresponde.


Bref, toujours est-il que je ne pars jamais de chez moi avec un sac.


Je ne prends jamais de portefeuille non plus.



Surtout pas pour aller en répét.



Donc le contrôle de papiers, bah ça s'annonçait plutôt mal.




J'ai expliqué ça à l'agent avec un grand sourire. (Que j'avais pas mes papiers, pas que je ne les prenais jamais avec moi).



J'suis tombée sur un gentil, il m'a dit qu'on allait vérifier ça ensemble.



Du coup il a appelé je sais pas qui avec son super téléphone portable de gendarme, et il m'a demandé mon nom, mon prénom, ma date et mon lieu de naissance.


Et puis un peu après, il m'a demandé mon adresse.



Et il a dit à son collègue du téléphone « OK d'accord, j'te remercie ».



Avant qu'il puisse raccrocher, y'a une gendarmette qu'est arrivée en disant que le conducteur derrière moi n'avait pas non plus ses papiers, et que tant qu'il y était, fallait qu'il vérifie pour l'autre en même temps.

C'est comme ça que j'ai su que derrière moi, y'avait mon ancien surveillant du collège.



Oui, c'est un détail totalement insignifiant qui n'a aucune importance pour la suite, mais ça me fait plaisir de te le dire : ce soir-là, un de mes surveillants du collège était derrière moi, SANS SES PAPIERS. (Et ça nous donnait des leçons de morale au collège, hahaha)




Bref.



Quand la gendarmette est repartie avec la confirmation que mon ancien pion était bien titulaire du permis, mon gendarme s'est tourné vers moi.



Il m'a dit : « Vous faites quoi demain soir ? » « Bon. »


J'ai senti qu'il y avait un problème.




« On a un problème, d'après notre base de données, votre identification est inconnue. »




Oui oui, tu as bien lu.



MON IDENTIFICATION EST INCONNUE.





Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps, et il m'a laissé partir en me faisant promettre de me rendre à la gendarmerie le lendemain matin pour qu'ils puissent faire une copie de mon permis.


(Non mais c'est pas vrai hein, j'ai pas pleuré quand même, y'avait du monde dans la voiture, et j'ai ma fierté quand même.)






Le bon côté des choses, c'est que si un jour je tue quelqu'un, comme je suis en IDENTIFICATION INCONNUE, je risque de m'en tirer.





Le mauvais côté des choses, c'est que si un jour je deviens très très très riche, je devrais quand même payer mes impôts, puisque pour eux, j'existe vraiment.




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Commentaires

Ben au moins tu risques pas de te retrouver dans le fichier Edvige. A l'heure de Big Brother, tu as trouvé un moyen de passer à travers les mailles du filet ! ;)

Ecrit par : Magrat | 21.10.2009

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Ouais mais bon, LES IMPOTS me lâcheront pas ;)

Ecrit par : Pau | 23.10.2009

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