24.02.2010
Couilles
L’autre jour, j’ai dîné avec une vague connaissance, personnage totalement inintéressant, et avec lequel je me suis profondément ennuyée (je crois même qu’il s’en est rendu compte, je ne faisais rien pour le cacher.)
Et à un moment, ce personnage m’a dit : « Tu sais ce que tu veux, et où tu vas. »
C’est ptet pas l’expression exacte qu’il a utilisée, mais j’en suis pas très loin.
C’est marrant comme les gens ont toujours cette impression sur moi.
L’impression que tout ce que je fais est fait dans un but précis, servir le dessein qui m’habite.
Alors que pas du tout.
Je fonctionne par coups de tête, par envies subites, quand j’ai les couilles de les suivre, ces putains d’envies.
Je ne sais pas ce que je veux, encore moins où je vais.
J’aimerais le savoir.
J’aimerais le savoir parce que mon entourage me fout la pression, parce que mes potes savent où ils vont, parce que certains sont déjà arrivés à destination, parce que moi je suis juste paumée.
J’ai pas eu les couilles de partir en musico, pas eu les couilles de faire un master de lettres, pas eu les couilles de tenter certains concours que j’aurais peut-être pu décrocher haut la main (si l’on en croit les autres en tout cas)
Mon exil de 3 ans au Lux’ impressionne souvent, surprend parfois, mais suscite quasiment à chaque fois la même réaction chez les autres, qui évoquent le « courage », la force de caractère, et tout ça. On va pas revenir là dessus, mais j’ai déjà dit ici que mon départ avait été précipité par ma lâcheté.
En vrai, j’ai eu des couilles 2 fois dans ma vie.
La 1ère fois, c’était à la fin de l’année de Première, quand j’ai osé déposer une grosse enveloppe en papier kraft dans le casier de ma prof de littérature.
Dans cette enveloppe, y’avait une quarantaine de pages, noircies par moi-même. Des réflexions personnelles sur certaines choses, du vécu, aucune fiction.
Personne n’était au courant que j’écrivais comme ça, et aujourd’hui, ce dossier me suit partout : il est dans tous mes supports (clefs USB, DD externe, etc.), et personne ne l’a jamais lu, à part cette prof.
Je ne sais toujours pas pourquoi je lui ai donné cette « esquisse » d’un je ne sais quoi, ce projet impossible et interminable, mais toujours est-il que je l’ai fait, pensant ne jamais la revoir, ne plus l’avoir en cours en Terminale. Je me souviens avoir pensé, au moment de glisser l’enveloppe, le cœur battant la chamade pire qu’à un rencard amoureux, « Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais ».
Le jour de la rentrée, il s’est avéré qu’elle était toujours ma prof. En arrivant devant la salle de classe où nous l’attendions tous, elle m’a demandé de venir la voir en fin d’heure.
J’ai rarement autant flippé pendant un cours. J’ai eu l’estomac noué pendant 2 heures interminables durant lesquelles on a parlé de l’épreuve de bac, des œuvres au programme, et j’en passe.
Au final, elle voulait juste qu’on bloque 1h de notre temps pour parler de ces feuilles. Au fil de notre « rendez-vous » quelques jours plus tard, elle ne m’a dit que des jolies choses, des choses que je n’oublierai pas, et qui me donnent confiance parfois, quand j’en ai besoin.
La 2ème fois, c’était il y a 2 ans, quand je me suis présentée à mon exam de flûte tant bien que mal, avec un truc pitoyable à présenter, par manque de temps, par manque de prof, par manque de motivation.
Mon prof était en Picardie, j’étais au Lux, j’avais pas de cours, pas de répétitions, pas de pianiste, j’avais une partition et ma flûte, et je me démerdais comme je pouvais.
Je me suis présentée à l’examen tout en sachant par avance que j’étais en situation d’échec. J’aurais pu rester au Lux, faire la fête ce week end là pour fêter l’anniversaire d’une pote, mais non, j’ai choisi de me présenter quand même.
Ouais, parfois, je préfère l’échec cuisant à la lâcheté (c’est pas souvent, et c’est souvent au niveau musical)
Cette année, mon prof et moi nous voyons toutes les semaines (quasiment), et pourtant, j’ai bien peur que ce soit à peu près la même chose niveau travail à présenter.
Parce que j’ai 2 morceaux d’exam à préparer, qu’il me reste 6 cours pour les découvrir et les maîtriser parfaitement, et qu’en général, il me faut 4 à 8 cours pour maîtriser un morceau.
Et aussi parce que, pour résumer, j’ai 15 jours en mai qui vont être de la totale folie niveau emploi du temps : j’enchaîne un gros concert (qui va me bousiller la mâchoire) avec les exams de l’EdL, que j’enchaîne avec mon exam de flûte (que je vais passer avec la mâchoire bousillée donc)
D’où le dilemme : soit je foire le gros concert de Chef pour tenter de sauver mon exam de flûte (sans garantie de succès à la fin), soit je foire mon exam de flûte pour assurer le gros concert de Chef (tout en essayant de limiter la casse à l’exam)
(Evidemment, c’est le concert de Chef qui prime, même si ça m’emmerde un peu)
(Disons que foirer mon exam de flûte me pèsera moins lourd sur la conscience)
(Je trouve que décider de foirer mon exam pour assurer un concert, c’est avoir des couilles.)
(Ce sera donc la conclusion de ce billet déjà bien trop long)
(Pis sois chou, réponds au sondage que je t'ai collé à côté,
pour que je sache que faire à l'avenir ----->)
20:44 Publié dans Racontage de Laïfe | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : j'ai pas de couilles, avoir des couilles




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Commentaires
Ecrit par : Joker | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireLe concert va me bousiller la mâchoire, j'vais pas pouvoir jouer pendant plusieurs jours, et l'exam est 10 jours après le concert. (Et les répét pour le concert ont déjà commencé, et j'ai déjà dû annuler un cours de flûte à cause de la dite mâchoire...)
Psychologiquement, c'est jouable. C'est physiquement que ça pose un problème ;) (je connais mes limites)
(Pour les changements, faut remercier Osmany)
Ecrit par : Pau | 25.02.2010
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