25.03.2010
Etat d'esprit
Budapest Symphony Orchestra – Concerto Pour Violon En Re Majeur Op. 35
(petite musique d'ambiance - tu cliques, et y'a d'la musique, CHOUEEEEETTE)
J'écris pas beaucoup en ce moment, je ne poste presque rien alors que j'ai plusieurs billets quasiment prêts, bref, j'ai perdu le truc.
Si ça peut te rassurer, j'ai perdu beaucoup de trucs en ce moment.
J'ai perdu le truc pour ici, j'ai perdu le truc pour mes petits statuts rigolos sur Fessebouc, j'ai perdu l'envie de plein de choses, et j'ai perdu le truc musical, tu sais, ce truc qui faisait qu'avant je ne doutais de rien, et surtout pas de moi.
Hmm ? Oui c'est ça, la confiance. J'en avais perdu un morceau en octobre dernier, avec mon premier plantage en concert.
Depuis, j'avançais tranquillement, en me posant quelques questions parfois, mais pas trop. Et puis le printemps s'annonçait, avec à la clef les exams de flûte et la reprise des "gros" concerts. Surplus de travail, responsabilités, bref, pour le coup, le doute est devenu mon meilleur pote.
Y'a quelques semaines, j'ai eu droit à un "Très bien !" de la part de Chef chéri adoré. Il ne félicite pas très souvent, et va très rarement au delà du "bien", alors j'étais drôlement heureuse tu sais ? Mais depuis ce jour, j'accumule les "mauvaises" remarques. Jamais méchantes, jamais critiques, toujours les mêmes, toujours ma "faiblesse" qui pourrait être un grand atout si je réussissais à la maîtriser correctement. (En gros, mes doigts enchaînent les notes. Certain/e/s ont des soucis à faire aller leurs doigts vite, moi j'ai du mal à les freiner. Génial.)
Ca + 1 ou 2 répétitions exécrables à cause de mes lèvres gercées/fatiguées (au point de passer la dernière demi-heure à ne rien jouer tellement j'étais inutile) + un de mes morceaux d'exam qui s'annonce catastrophique, je suis au bord de la crise de nerfs.
En 11 ans de musique et sans compter l'expérience traumatisante du Conservatoire au Lux, j'ai été 3 fois au bord des larmes. Ces 3 fois, je m'en souviens parfaitement.
La première fois, c'était il y a 4 ou 5 ans, en cours de flûte, une envie de pleurer de rage et d'exaspération. Parce que j'ai des difficultés "physiologiques" ou "physiques", je sais pas bien la différence entre les deux, qui font que je dois bosser 3 fois plus que les autres pour obtenir une jolie sonorité (et sans prendre en compte le facteur "lèvres fatiguées" qui me fait avoir un son pourri à tous les coups).
La deuxième fois, c'était en octobre, lors de mon plantage. J'ai versé 2 ou 3 larmes, vraiment.
La troisième fois, c'était samedi dernier, en cours de flûte, devant mon morceau d'exam n°2. Bourré de trucs techniques physiques, où les doigts ne comptent pas, ce sont les lèvres qui font tout le boulot.
Et là, si tu fais bien le rapprochement, tu sais que mes lèvres sont un problème, et que là, je doute sérieusement de ma capacité à enchaîner gros concerts fatigants + examen important. Par pitié, évite moi les "Mais non, ça va aller, tu verras, tu vas y arriver" et ce genre de trucs, parce que ça ne m'est d'aucun secours, d'aucune aide et que ça ne changera pas le cours de mon esprit tourmenté.
Tout ça pour te dire qu'en ce moment, je me réfugie dans ce qui me fait du bien : la musique. Je passe mes dimanches soirs à pleurer devant Arte, j'écoute du classique à longueur de temps, et depuis hier soir, j'ai replongé.
J'écoute de nouveau en boucle le morceau que je t'ai mis en lien tout en faut. Si tu as vu "Le Concert", c'est le morceau de la scène finale. Si tu n'as pas vu, je t'ordonne de le voir. Je suis sortie du ciné en pleurant, et je pleure encore en écoutant ce morceau.
Et le truc qui me rassure, c'est qu'aussi longtemps que je pleurerai en écoutant de la musique, en assistant à un concert, ça veut dire que je suis vivante pour de vrai, que j'ai encore des choses à ressentir, à faire, à voir. Ca signifie que je ne suis toujorus pas morte à l'intérieur, que j'ai toujours un truc sensible à la place du coeur, et que je peux encore m'émerveiller pour des petites choses toutes bêtes.
Et ça, j'ai un peu tendance à l'oublier en ce moment ....
23:17 Publié dans La musique, c'est du bruit qui pense | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le concert, tchaikovsky, état d'esprit absent




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Commentaires
Écrit par : Miouc | 25.03.2010
Répondre à ce commentaireJe suis vraiment heureuse de t'avoir fait pleurer :)
(Si tu voyais la scène finale avec ce morceau en fond ... OMG OMG OMG OMG !!!!)
Écrit par : Pau | 26.03.2010
Bonne chance hein ! Je peux t'envoyer du dermophil indien si tu veux.
Écrit par : Cho7 | 26.03.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pau | 26.03.2010
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