28.01.2009
Paradoxe
Je dis souvent que je suis capable de partir à l’improviste, pour quelques jours chez des amis avec juste un sac à dos.
Et je le suis.
Je suis d’ailleurs régulièrement émerveillée par la quantité de choses qu’un simple sac Eastpak peut contenir.
Une fois, j’ai réussi à mettre une paire de Converses, des vêtements pour 4 jours, des affaires de toilettes, ET des livres.
Bon, je ne t’écris même pas les obligatoires chargeur de portable, portefeuille, les médicaments pour mes poumons défectueux, lunettes de soleil et paquet de mouchoir.
Dans un simple sac à dos.
Ca m’impressionne.
Cependant, y’a des contradictions dans mon comportement, des habitudes qui ne correspondent pas du tout avec ce trait de caractère.
Par exemple, chuis incapable de jeter les trucs.
Alors forcément, chez moi, c’est plein de trucs inutiles, qui devraient déjà être recyclés et toussa.
J’ai encore des tickets RER Paris - Lognes, qui datent de mon histoire avec R., il y a ... 2 ou 3 ans de ça.
J’ai aussi les tickets de métro milanais de l’an dernier, je dois avoir une bonne cinquantaine de tickets de TGV Paris - Luxembourg. ; Luxembourg - Paris.
J’ai des crayons qui ne fonctionnent plus, des livres futiles que je lisais à 10 ans et qui me débectent aujourd’hui.
J’ai encore les tickets de ciné et de musée qui datent de l’histoire avec T-l’ex, l’an dernier.
J’ai encore un ticket d’opéra, j’étais encore au lycée, alors ça doit bien faire 5 ans qu’il est là.
Tous ces trucs n’ont pas de valeur sentimentale (certains trucs sont enterrés depuis belle lurette), mais ils me font en quelque sorte office de « soutien » pour les souvenirs.
Parce que quand je vois le bouchon de la bouteille de champagne de Milan qui traîne sur mon bureau, je repense à notre périple milanais.
Parce que quand je vois les tickets de ciné d’avec T-l’ex, je repense à sa peau contre la mienne.
Quand je vois ceux du musée, je revois nos fous rires.
Après, y’a aussi les lieux, imprégnés de souvenirs auxquels je pense à chaque fois que j’y suis.
Notre-Dame, que j’ai visité pour la énième fois avec D., mais aussi (et surtout) avec T-l’ex.
Notre-Dame, où j’ai beaucoup prié pour une guérison.
Notre-Dame, où j’ai remercié pour cette guérison.
Orsay, où je suis allée avec Fab’, accompagnés d’une bouteille de vodka.
L’art n’a jamais été aussi drôle, ni aussi sujet à de profondes réflexions débouchant sur ... Un fou rire.
Orsay, où je suis retournée avec T-l’ex.
Ses sourires, ses critiques, mon entêtement, mes bouderies et mes caprices.
Orsay où je suis retournée avec D.
Son exaspération, mon calme. Ma nostalgie aussi ...
Le Mélu, au Lux, où j’suis allée avec J., le soir de notre premier « rencard ».
Le Chichi’s, notre premier séchage de cours pour aller déjeuner en tête à tête.
Je crois que c’est un peu pour ça que je n’invite personne chez moi.
Que ce soit dans ma région ou dans mon manoir campagnard.
J’ai trop peur d’être submergée de souvenirs plus ou moins réconfortants, plus ou moins plaisants, une fois que la relation avec la personne sera finie.
Parce qu’un jour, irrémédiablement, ça se finira.
Et que je ne suis pas aussi détachée des gens que je ne l’aimerais, ou que je ne le laisse voir ...
07:07 Publié dans Soyons sérieux ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : je garde plein de choses inutiles, j'aime pas les gens, je vis dans une bulle


